Les essentiels de la pratique et de l’illumination pour les débutants de Maître Hanshan

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Comment pratiquer et atteindre l’illumination ?

Concernant les causes et les conditions nécessaires à la grande affaire de l’au-delà de la vie et de la mort, la nature de Bouddha est intrinsèquement présente en chacun, ainsi, tout est déjà complet en vous, rien ne manque dès l’origine. La difficulté est que depuis des temps immémoriaux les graines de passions et de pensées erronées, de conceptualisations émotionnelles et, nos tendances habituelles profondément enracinées ont obscurci cette merveilleuse luminosité en nous. Vous ne pouvez la réaliser authentiquement parce que vous vous êtes perdus dans des pensées erronées, d’un corps, d’un esprit, et d’un monde discriminant et jacassant sur ceci ou cela. Pour ces raisons, vous avez erré dans les cycles de la vie et de la mort. Pourtant, tous les Bouddhas et les Maîtres ancestraux sont apparus en ce monde usant d’innombrables mots par des moyens habiles pour exposer le Chan et clarifier la doctrine. S’adaptant et s’harmonisant aux dispositions des différents êtres sensibles,tous ces moyens habiles sont des outils, pour briser notre esprit d’appropriation et, réaliser qu’originellement les Dharmas sont sans substance ou impression d’un soi.
Ce qui est communément connu comme  »pratique » signifie simplement s’harmoniser avec l’état d’esprit dans lequel on est de manière à purifier l’esprit et, à se dessaisir ou abandonner et, à se dessaisir des pensées erronées et, des traces de nos tendances habituelles. S’y exercer avec effort est appelé  »pratique ». Si pendant un seul moment, les pensées erronées cessent subitement, vous percevrez complètement votre propre esprit et, réaliserez qu’il est vaste et ouvert, brillant et lumineux, intrinsèquement parfait et complet. Cet état étant originellement pure dès l’origine dépourvu de toutes choses, vaste et ouvert, est appelé illumination. En dehors de cet esprit que nous avons tous, il n’y a pas de choses telles que : contemplation, ou pratique ou même illumination. L’essence de l’esprit est tel un miroir, et toutes les traces de pensées erronées et de pensées s’accrochant aux conditions ne sont que les poussières souillées de l’esprit. Le concept d’apparence séparé sont cette poussière et votre conscience émotionnelle et, son aspect souillé. Toutes les pensées erronées se dissipent, l’essence intrinsèque se révélera. Tout comme lorsque les souillures sont polies, le miroir retrouve sa clarté originel. Il en va de même avec le Dharma.
Cependant, nos habitudes, nos souillures, et notre soi –  »appropriant » se sont accumulés depuis des éons et, sont devenus solides et fermement enracinés. Heureusement , à condition d’avoir les conseils d’un bon ami spirituel, notre prajna inhérente, peut influencer notre être de manière à ce que cette prajna inhérente, s’accroisse. Ayant réalisé que la prajna est inhérente à chaque être, nous pouvons développer la Boddhicitta ( l’esprit d’éveil ) et, développer une aspiration profonde à renoncer au cycle de la naissance et de la mort. La tâche de déraciner d’un coup les racines,de la naissance et de la mort, accumulée depuis d’innombrables éons, est une affaire délicate et subtile. Si vous n’êtes pas quelqu’un ayant une grande force, une grande habileté, quelqu’un d’assez courageux pour supporter une telle charge et, aller à la racine de cette grande affaire, sans aucunes hésitation, alors cette tâche primordiale sera extrêmement difficile à accomplir. Un ancien a dit :  » cette affaire de la naissance et de la mort, c’est comme une personne confrontée à dix mille ennemis ». Ces paroles ne sont pas mensonges , l’affaire est sérieuse.

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L’entrée dans la pratique et l’illumination.

D’une manière générale, en ces temps,  »de fin de Dharma », il y a bien plus de gens qui pratiquent que de gens qui ont vraiment réalisés la Voie. Il y a plus de personnes qui gaspillent leurs efforts que de gens qui en tirent bénéfice. Pourquoi est-ce ainsi ? Ils n’exercent pas leurs efforts directement, ils ne connaissent pas le raccourci. Au lieu de cela, beaucoup de gens ne font que remplir leurs esprits avec des savoirs du passé basés sur ce qu’ils ont lu ou entendu, ou bien ils jugent les choses sur la base de leurs discriminations individuelles, ou bien, ils suppriment délibérément les pensées erronées, ou bien ils s’éblouissent  »des visions étonnantes » qui se dressent devant les portes de leurs sens. Ces gens résident  » dans les mots des anciens dans leurs têtes et les prennent pour vrai ». De plus, ils s’accrochent à ces mots comme étant les leurs. Ils ne savent pas qu’aucun de ces mots est un tant soit peu utile. C’est ce qui est appelé :  » s’accrocher à la compréhension des autres et obstruer notre propre entrée dans l’illumination  ».
Pour vous engager dans la pratique, vous devez d’abord rompre avec le savoir et la compréhension intellectuelle et, concentrer tous vos efforts en une pensée unique. Ayant la ferme conviction en votre esprit vrai et originellement pure et clair. Sans la moindre chose persistante – il est brillant et parfait et imprègne tout le Dharmadhatu. Intrinsèquement, il n’y a pas de corps, d’esprit ou de monde ; il n’y a pas non plus de
pensées erronées ou de conception émotionnelles. Juste en ce moment, cette unique pensée est elle même non née ! Toutes les choses qui se manifestent spontanément, sont illusoires et in-substantielles. Toutes sont des réflexions de l’esprit vrai. Pratiquer de manière à démanteler toutes pensées erronées. Vous devriez vous concentrez en l’esprit là où les pensées naissent et, où elles meurent. Si vous pratiquez ainsi, peu importe quel type de pensées erronées naissent en un instant, elles sont démantelées, elles sont mises en pièces. Elles se dissolvent et disparaissent. Vous ne devriez jamais suivre ou, alimenter les pensées erronées. Maître Yongjia déclare :  » il faut trancher l’esprit qui désire la continuité  ». Il en est ainsi parce que l’esprit illusoire est originellement  » sans racines  ». Vous ne devriez jamais prendre une pensée erronée comme étant réelle et essayer de la conserver dans vos cœurs. Dès qu’elle née, voyez la. Dès que vous l’aurez vu, elle disparaîtra. N’essayez jamais de supprimer les pensées, mais permettez aux pensées d’être simplement. Comme si vous regardiez une gourde  » çalbasse  » flotter sur l’eau.
Laissez de côté votre corps, votre esprit et le monde, produisez simplement cette seule pensée comme une épée transperçant le ciel. Si un Bouddha ou un Mara apparaît, découpez- le simplement comme un tas de soie enchevêtré. Usez de vos efforts et de votre force avec patiente pour pousser votre esprit jusqu’au bout, jusqu’à ses retranchements. Ce qui est connu comme  » un esprit qui maintient la pensée juste de l’ainsité vrai  » signifie qu’une pensée correcte est non-pensée. Si vous êtes capables de contempler le  » non-pensée  » vous cheminez déjà vers la sagesse des Bouddhas.
Ceux qui pratiquent et ont récemment généré la Boddhicitta ( l’esprit d’éveil ) devraient placer leurs convictions dans l’enseignement de  » l’esprit seulement  ». Le Bouddha a dit :  » les trois mondes sont esprit-seul et la myriade des dharmas n’est que conscience  ». Tout le Bouddhadharma n’est qu’exposition détaillé de ces deux lignes, ainsi tous devraient distinguer, comprendre et, générer de la foie ( confiance ) en cette réalité. Les passages du sacré et du profane ne sont que des voies d’illusions et d’éveil en notre propre esprit. En dehors de l’esprit, tout karma de vertu et de vice ne peut être obtenu. Votre nature propre, est merveilleuse. C’est quelque chose de naturel et de spontané, pas quelque chose à laquelle on peut  »s’éveiller  » puisque nous la possédons naturellement . Puisqu’il en est ainsi, sur quoi pourrions nous,nous illusionner ? L’illusion fait seulement référence à notre inattention, à notre ignorance du fait que notre esprit ne possède intrinsèquement pas une seule chose, et du fait que le corps, l’esprit et le monde sont originellement vides.
Parce qu’il y a obstruction à ce qui est naturellement, alors il y a illusion. Vous avez toujours pris l’esprit des pensées illusoires, qui naissent et qui meurent constamment, comme étant réelles. Pour cette raison vous avez également pris les diverses transformations illusoires et, les apparences du monde des six objets des sens comme étant réelles. Si aujourd’hui vous voulez éveiller l’esprit et vous écartez des chemins erronés, pour prendre la route supérieur, alors vous devriez éliminer vos anciennes vues et compréhensions. Ici, pas un seul grain de connaissances intellectuelles ou de compréhension du mental ne seront utiles. Vous devez
simplement voir au travers du corps de l’esprit et du monde, qui vous apparaissent, et réaliser leurs in- substantialités. Tels des reflets imaginaires, qui sont pareils à des images dans un miroir ou le reflet de la lune sur l’eau. Entendez tous les sons, toutes les voix, comme le vent passant à travers la forêt, percevez les objets comme des nuages glissants à travers le ciel. Toute chose est dans un état de flux constant, toute chose est illusoire et in substantiel. Il n’y a pas que le monde extérieur qui soit ainsi mais vos propres pensées erronées, de discriminations émotionnelles venues du mental, toutes les graines de passions, vos tendances habituelles, ainsi que vos vexations, toutes ces choses sont sans fondement et sans substance.

Si vous voulez pratiquer la contemplation de cette manière, alors dès qu’une pensée surgit, vous devriez en trouver la source. Ne la laissez pas passer aléatoirement. N’en soyez pas déçu non plus ! Si vous pratiquez ainsi, au moins pratiquerez vous de manière correcte. N’essayez pas d’en construire une vue abstraite et intellectuelle ou de forger une compréhension intellectuelle de ces phénomènes. Bien que, même d’en parler comme d’une pratique est une dernière alternative. Par exemple, dans l’utilisation des armes, elles ne sont vraiment pas des objets hospicieux ! Mais elles sont utilisées comme les dernières alternatives possibles lors des batailles. Les anciens parlaient  » d’investiguer le Chan  » et de mettre le Huatou en avant. Cela aussi ce sont des  »alternatives finales  ». Même si il existe d’innombrables gong’ an ( koan), il n’y a quand usant le Huatou,  »qui est ce qui récite  » que l’on peut aisément extraire la force du gong’an dans les situations vexantes et difficiles du quotidien. Même si l’on peut recevoir aisément la force, ce Huatou n’est qu’une tuile cassée pour frapper à la porte de nos esprits. En temps voulu, il faudra s’en débarrasser. Mais il va falloir l’utiliser pour le moment. Si vous comptez faire du huatou votre pratique, il vous faudra avoir la foie, une fermeté sans faille et de la persévérance. Vous ne pouvez garder la moindre trace d’hésitation et d’incertitude. Vous ne pouvez pas décider d’une chose un jour et pour en changer le lendemain. Vous ne devriez pas avoir pour considération le faîte que vous n’atteindrez pas l’éveil ou le fait que le Huatou n’est pas suffisamment  » profond  ». Toutes les pensées ne sont qu’attachement. Je dois en parler pour que vous ne donniez pas naissance au doute et à la suspicion lorsque vous y serez confrontés. Si vous pouvez produire de la force à partir de votre énergie inhérente, le monde extérieur ne vous influencera pas. Cependant, intrinsèquement votre esprit pourra donner naissance à de nombreuses distractions , sans raison apparente. Par fois, le désir et la luxure s’éveillent, parfois la suractivité survient. De nombreux attachements pourraient naître en vous , et vous exténuez mentalement et physiquement. Vous ne saurez pas quoi faire. Ce sont toutes les  » tendances karmiques  » qui ont étaient stockées dans notre ultime conscience depuis d’innombrables éons. Aujourd’hui, de part votre pratique énergétique, elles se révéleront toutes. A ce moment critique, vous devez être capable de discerner, de voir à travers elles, et de les laissées passer. Ne vous laissez jamais contrôler ou manipuler par ces tendances karmiques, et surtout, ne les considérez jamais comme étant réelles. A ce moment vous devez  » rafraîchir votre esprit  » et accroître votre courage et votre attention pour faire coïncider les considérations existentielles en vous, et votre
investigation du huatou. Fixez votre attention à l’endroit d’où naissent les pensées et demandez vous continuellement :  » originellement il n’y a rien au-dedans de moi, alors d’où viennent les difficultés ? Qu’est- ce ?  ». Vous devez être déterminés à connaître le fond de l’affaire . Insistant ainsi, tuant toutes les illusions qui naissent, sans laisser une seule trace jusqu’à ce que tout les démons et les esprits éclatent en sanglots. Si vous savez pratiquer comme cela, des bonnes nouvelles viendront à vous naturellement.
Si vous pouvez couper au travers d’une seule pensée, alors toutes pensées illusoires seront soudainement mises en pièces. Vous vous sentirez telle une fleur dans le ciel qui ne projette aucune ombre, ou tel un soleil brillant mettant en lumière sans limite, ou tel un étang limpide, transparent et clair. Après avoir expérimenté cela, il y aura un sentiment d’incommensurable lumière et d’aise, ainsi qu’une sensation de libération. C’est un signe pour les débutants du fait qu’ils produisent de la force provenant de la pratique. Il n’y a rien de merveilleux ou d’extraordinaire là-dedans. Ne vous en réjouissez pas, ne traînez pas dans cette expérience prenante. Si vous le faites,alors le Mara de la joie vous possédera ou vous aurez seulement gagnés ne nouvelle sorte d’obstruction mentale. Scellé dans votre conscience – réceptacle ( Alaya-Vinaya ) sont vos tendances habituelles ( habitudes ) et les graines de passions. Si votre pratique du Huatou ne fait pas effet, ou si vous êtes incapables de contempler et d’illuminer votre esprit, ou que vous n’arrivez simplement pas à vous appliquer à la pratique, alors vous devriez pratiquer les prosternations, lire les sutras ou vous engagez dans les pratiques de repentance. Aussi réciter des mantras pour recevoir le  » sceau secret  » directement des Bouddhas; cela allégera vos attachements. Il en est ainsi parce que tous les mantras secrets sont les Sceaux de l’Esprit de Diamant des Bouddhas. Lorsque vous les utilisez, c’est comme détenir un monde destructible Diamant- éclair (Vajra ) qui peut tout faire trembler.Tous ceux qui s’en approchent, seront réduits en poussière. L’essence de tous les enseignements ésotériques de tous les Bouddhas, et des Maîtres ancestraux, est contenu dans les mantras. Ainsi il est dit que  » tous les Tathagata des dix directions ont atteints l’insurpassable et parfaitement correct éveil au travers de tels mantras ». Bien que les Bouddhas aient exposé cela clairement,le lignage des Maîtres ancestraux, par peur que ces mots soient incompris, ont gardé ce savoir secret à ne pas utiliser ces méthodes. Quoi qu’il en soit, pour générer de la force à partir de la pratique des mantras, vous devez les pratiquer régulièrement pendant une longue période. Encore que, même comme ça , vous ne devriez jamais anticiper les effets ou rechercher de merveilleux résultats.

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                          Éveil-Compréhension/ Éveil-Actualisation

Il y a ceux qui s’éveillent d’abord puis qui s’engagent dans la pratique, et il y en a qui qui pratiquent d’abord puis s’éveillent. Il y a également une différence entre l’éveil-compréhension et l’éveil-actualisation.

L’éveil compréhension
Ceux qui ont une compréhension par la pensée de l’éveil après avoir entendu les enseignements oraux des Bouddhas ou des Maîtres ancestraux, atteignent l’éveil-compréhension. Dans la plus part des cas, ces personnes tombent dans le jeux des opinions et des savoirs. Confrontés à toutes les circonstances de la vie ils n’arriveront pas à utiliser ce qu’ils savent. Leurs esprits et les objets extérieurs sont en opposition. Il n’y a là, ni unité, ni harmonie. Donc, ils font sans cesse face à des obstacles. Ce qu’ils ont réalisé se nomme  » prajna  » en apparence et ne provient pas de la pratique authentique.

L’éveil-actualisation ou éveil actualisé
L’éveil-actualisation est le résultat d’une pratique sincère et solide, quand on arrive à une impasse où les montagnes sont arides et l’eau est épuisée. Soudainement une pensée cesse, et vous percevez parfaitement votre esprit. A ce moment- là, vous vous sentirez comme si vous aviez personnellement  » vu votre père et à la croisée des chemins  » – plus aucun doute ne subsiste! C’est comme si vous buviez l’eau vousmême ; que l’eau soit chaude ou froide, seul vous, le savez, et ce n’est pas quelque chose que vous pouvez d’écrire à d’autres. Telle est la vraie pratique et le vrai éveil. En ayant eu une telle expérience, vous êtes capables de l’intégrer à toutes les situations de la vie, et de purifier le karma déjà manifesté, le courant de votre conscience, vos pensées erronées et les fabrications émotionnelles jusqu’à ce que tout fusionne avec l’Unique Vrai Esprit. Cela est éveil-actualisation.
Cet état d’éveil-actualisé, peut être encore divisé en réalisations superficielles, et profondes. Si vous concentrez votre effort à la racine de votre existence, renversant le  » baril de laque noir et retournons instantanément l’entre de l’ignorance fondamentale, d’un bon, rentrez directement dans le royaume de l’éveil, alors vous n’aurez rien à apprendre de plus  » . Cela est appelé avoir des racines karmiques suprêmes. Votre
actualisation de l’éveil inhérent de l’esprit, sera en effet profond. Un autre côté pour ceux qui pratiquent et comprennent graduellement la profondeur de leur actualisation de l’éveil inhérent de l’esprit, sera superficiel.

La pire des choses, est de s’auto-satisfaire de quelques petites expériences spirituelles. Ne vous permettez jamais de tomber dans les expériences éblouissantes stimulantes qui naissent à nos portes sensorielles. Pourquoi ? Parce que votre huitième conscience n’a pas encore été écrasée, alors quoi que vous expérimentiez ou faites sera conditionné par vos consciences et vos sens erronés. Si vous pensez que cette conscience est réelle, alors vous confondez un voleur avec votre propre fils ! L’ancien à dit :  » ceux qui s’engagent dans la pratique, ne savent pas ce qui est réel, car jusque- là ils ont pris leur conscience comme étant réelle, ce que l’ imbécile prend pour son visage originel, est en fait la cause fondamentale de la naissance et de la mort  ». Telle la barrière à laquelle vous devez passer.

Ce qui est appelé  » éveil subit et pratique graduelle  », fait référence à quelqu’un qui est expérimenté  » éveil approfondi  », mais à qui il reste des tendances d’habitudes fortement ancrées qui n’ont pas été purifiées. Ces gens devraient inclure les principes qui leur viennent de l’éveil qu’ils ont réalisés pour faire face à toutes les circonstances de la vie, et mobiliser la force de leurs contemplations et, illuminations pour expérimenter pleinement leurs esprits, dans les situations difficiles. Quand une partie de l’expérience, qu’ils ont dans ces situations, s’accorde avec la voie, ils auront actualisé une portion du Dharmakaya. Lorsqu’ils dissolvent une partie de leurs pensées erronées, tel est le degré de manifestations de leurs sagesses fondamentales. Ce qui importe c’est de garder une continuité sans égale dans la pratique. Ainsi, il est bien plus effectif d’appliquer la pratique à de vraies situations de la vie.

Traduit de l’Anglais par Yao Xin Shakya

Instructions essentielles pour la pratique du Zen Maître Hanshan Deqing

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 Le lignage de la porte du Zen transmet le Sceau de l’Esprit du Bouddha. Originellement ce n’était pas une affaire complexe. Commençant avec la venue de Bodhidharma depuis l’Ouest, l’idée d’une transmission exclusive devînt un fait établi et les 4 fascicules du Sutra du Lanka ont été choisi comme sceau de l’esprit. Parce que le Zen est une transmission en dehors des écritures et que les enseignements portent une réalisation inhérente, on peut réussir à percevoir la voie non duelle des Boudhas et des Patriarches. Les méditations qui sont utilisées durant l’investigation (du Zen) proviennent des enseignements eux­ mêmes.

Le Sutra du Lanka déclare : »assis calmement dans les montagnes et les forêts, à des niveaux supérieurs moyen ou inférieur de pratique, on est capable de percevoir le flux des pensées au sein de son propre esprit ». Telles sont les instructions de l’honoré du monde pour maîtrise de la méditation. Il déclare également : »la conscience mentale est une manifestation de notre propre esprit. Les fausses marques laissées par les différents états, que l’on a l’habitude d’associer à notre nature propre, se manifestent comme l’océan de l’existence en ce monde de naissance et de mort. Ils naissent des actions karmique, du désir et de l’ignorance. Toutes ces causes devraient être transcendées au plus vite. Telles sont les claires instructions de l’honoré du monde dans le merveilleux principe de l’éveil de l’Esprit. Il déclare également : « tous les sages du passé ont transmis et reçu le fait que les pensées erronées sont sans nature propre ». cela aussi est un clair enseignement du sceau secret de l’esprit.

 Ces enseignement précieux comme de l’or que les anciens ont transmis sur les points essentiels de la pratique de la contemplation du Zen ont continués à être transmis jusqu’à Bodhidharma qui enseigna au second patriarche lui disant : « vous n’avez besoin que de lâcher/exhaler toutes les conditions dans la sphère externe. L’esprit intérieur n’aura alors plus rien à faire rentrer dans la conscience. L’esprit devient alors tel un mur. Vous serez alors capable d’entrer dans la voie ». Tel fut le premier enseignement essentiel qu’employa Bodhidharma pour instruire les gens dans la manière de pratiquer le Zen.

Ainsi fut transmis jusqu’à l’époque de maître Hungjen. Le cinquième patriarche chercha alors un héritier dans le Dharma. Le sixième patriarche venait de proclamer sa réalisation dans la voie disant : »fondamentalement il n’y a rien à quoi s’attacher  » et il reçu alors la robe et le bol. C’était une claire indication du Moyen juste de transmission du sceau de l’esprit.

Ensuite le sixième patriarche retourna dans le sud et instruisit Daoming en ces termes: « sans pensée de bien, sans pensée de mal. Quel est l’essence originelle des anciens ? » . Ce fut le premier enseignement sur la pratique claire et directe de l’investigation du Zen. À partir de ces exemples de la manière dont l’enseignement nous est arrivé, il faut comprendre que la seule intention du Bouddha et des patriarches était d’instruire dans la manière d’obtenir l’éveil complet à notre propre esprit, de reconnaître ainsi la vraie nature du Soi, et c’est tout! Il n’existait pas encore de discussion sur les Gongans et les Huatou. Pour ce qui est de HuiNeng, de Ching Ywan et de ceux qui ont suivis, ces patriarches s’harmonisaient aux situations pour donner des enseignements le plus approprié possible. Pour la plus grande part, ils menaient vers le doute, et une fois là, frappaient pour causer « un retournement » dans l’esprit de la personne, pour renverser la direction des pensées, et ensuite amené au Calme.

Ensuite, il y a ceux pour qui la méthode n’est pas appropriée, ainsi même sï on les frappait avec un marteau ou des sandales, on n’aura d’autre choix que d’adapter nos enseignements aux réalitésdes étudiants.

À l’époque de Huangpo, les premiers enseignements pressant les gens à investiguer le Huatou commencèrent. Telle était la pratique jusqu’a maître Dahui qui s’engagea fortement dans la promotion du Gongan pour aider ses étudiants. On appelait cette technique Huatou (source du mot ). Il était demandé aux pratiquants de s’engager intensément dans la pratique, de s’y immerger.

Pourquoi? Cela a été fait avec l’idée qu’en chaque pensée les graines de toutes les actions démoniaques présentent depuis d’incalculables kalpas, pénètrent dans le champ de la huitième conscience. Le flux est continuel avec pour résultat le fait que les pensées erronées ne sont pas coupées et qu’il n’y a rien que la plupart des gens puissent y faire. Alors, Huangpo prenait une phrase de quelques mots, sans forcément de sens en soi, et les donnait et ses étudiants pour qu’ils les remachent et s’y accrochent.

Anciennement, l’dée était de mettre fin à toutes les pensées erronées de notre esprit, internes et externes, et d’y mettre fin de manière subite. Mais parce que les étudiants n’étaient plus capables d’y mettre fin, il enseigna à la manière de garder le Huatou. Alors, comme on coupe les fils de soie qui dépassent du tissu, d’un seul coup, ils pouvaient tout couper. Il coupait la conscience intellectuelle jusqu’à ce qu’elle ne soit plus active. C’est exactement le même principe que la méthode de Bodhidharma « relâcher toutes les conditions dans la sphère extérieure, l’esprit n’aura alors plus rien à inhaler. L’esprit sera alors comme un mur.”

Si on échoue à pratiquer de cette manière, on arrivera certainement pas percevoir notre Nature Originelle. L’intention première n’est pas de vous enseigner comment débattre le sens de la phrase du Gongan. Le pratiquant devrait développer un sentiment de doute, et l’investiguer comme moyen de réalisation de sa Vraie Nature. C’est exactement comme les enseignements de Dahui qui enseigna exclusivement l’investigation du Huatou comme un stratagème mortel par lequel il cherchait à engager le pratiquant dans une attaque assassine contre l’esprit, c’est aussi simple que cela. Voici un exemple, il dit un jour à l’Assemblée « lorsque l’on s’engage dans l’investigation du Zen, il faut vider l’esprit, et prendre les mots de naissance et mort et se les garder précieusement en tête. Vous voudriez agir comme si vous possédiez 10000 fil de sapèques. Dans les 3 temps de la journée et les 3 temps de la nuit, en buvant votre thé ou en mangeant votre repas, en marchant ou en étant debout, en étant assis ou couché, portant un toast avec des amis, dans les moments calmes les moments agités, garder toujours le Huatou « est­ce que les chiens ont la nature de Bouddha? Zaozhou répondit non ,Wu ». (le Huatou Wu).

Vous devriez être pleinement investis, investiguant dans une direction ou dans l’autre, ainsi « quand le goût (du Samadhi) vient à manquer », c’est comme courir droit dans un mur. Lorsque l’on réalise la source ou toutes choses se rassemblent, nous sommes comme la souris affolée qui se précipite dans la corne de bœuf, sa route est barrée! Sa route est barrée! L’intention est que vous réussissez à engendrer une seule entité corps­esprit durable et qui s’étend en tous lieux, avec laquelle porter un combat qui aura pour résultat que, soudainement, la Fleur de l’Esprit engendrera une luminosité qui brillera dans les 10 direction. Subitement, vous atteindrez le fond des choses.

Les enseignements ci­dessus sont comme la panoplie de marteau et de sandale couramment employé par le vieux maître Dahui. Son intention était seulement que vous gardiez le Huatou et que vous l’utilisiez pour bloquer et couper les pensées erronées générées par nos facultés mentales, avec pour résultat que le flux des pensées ne sera plus actif. Ce n’est qu’à ce moment, quand elle n’est plus active, que l’on peut réussir à réaliser sa Nature Originelle.

Le but n’est pas d’instruire le pratiquant dans la manière de porter une pensée discriminante sur le sens du Gongan. Vous devriez employer le sentiment de doute comme un moyen pour rechercher la réalisation. Cela pourrait­il s’obtenir de quelqu’un d’autre que vous? Les enseignements comme ceux présentés ci­dessus ont été apportées par tous les bouddhas et les patriarches avec l’intention de vous amener à investiguer en vous­même et vous réfréner de toute saisie ou de prendre pour acquis les réalisations ésotériques et les phrases merveilleuses des autres. Pour ce qui est des gens d’aujourd’hui, tous parlent du fait d’investiguer le Huatou est de générer le sentiment de doute, mais ne réalisent pas le fond même des choses. Ils se préoccupent seulement de savoir quel niveau de pratique du Huatou ils ont atteints.

Ils recherchent l’Entrée de sorte que visualisant soudainement une scène pleine de lumière, ils déclarent alors qu’ils sont éveillés. Ils se mettent alors à parler en vers et présentent un poème de réalisation comme s’ils étaient devenus spéciaux. Ils pensent alors qu’ils ont réussi à gagner la pleine compréhension. ils sont complètement inconscient du fait qu’ils sont entièrement tombés dans le filet de la connaissance et de la vision basé sur les pensées erronées. Si l’on pratique l’investigation du Zen de cette manière n’est­ce pas comme frapper dans les yeux toutes les futures générations (se mentir et tromper les autres ).

Les pratiquants d’aujourd’hui n’ont pas encore commencé à chauffer leur coussin, qu’ils proclament déjà s’etre éveillés à la Voie. Ils ne se reposent que sur leur paroles, ils commencent alors à canaliser des esprits et des fantômes, ils tombent dans les combats rhétorique, et ils inventent quelques phrases faites de mots imbéciles et de discours confus qui sont en fait sans fondement. Ils proclament alors que ce sont des odes/chants des anciens. Alors que ce ne sont en fait que des choses nées de leur pensées erronées. D’ailleurs avez ­vous déjà vu l’un de ses anciens, ne serait­ce qu’en rêve?

S’il est aussi facile de s’eveiller à la Voie que le clament ces gens d’aujourd’hui, alors considérons l’intégrité dans la pratique des anciens, comme Chang Ching qui vint à bout de 7 coussins ou de Zhaozou qui pendant 30 ans insista sur la concentration de l’esprit, ces anciens devait vraiment avoir des capacités médiocre (ironie ). Ils ne pourraient même pas faire les lacets des sandales de nos contemporains! Quand des gens d’une telle arrogance clament s’être pleinement réalisé, alors qu’ils n’ont pas encore eu de réalisation profonde, ne pouvons­nous pas en être consterné?

L’investigation du Zen, où l’on explore le Huatou et génère le sentiment du doute, ne connait absolument aucun raccourci. Comme il est dit: « Petit doute Petit illumination­Grand doute grande illumination ­en refrainant le doute on ne s’illumine pas du tout « . Il est essentiel de devenir compétent dans l’usage du sentiment de doute. Si l’on arrive à réaliser une percée dans le sentiment de doute, alors il est possible, d’un seul coup, d’attacher tous les bouddhas et les bodhisattvas ensemble par le nez.

Il est seulement nécessaire lorsque l’on pratique le Huatou, d’investiguer simplement celui qui est attentif (au Bouddha ). On n’est pas supposé entretenir de doute sur la personne du Bouddha. S’il s’agissait d’entretenir le doute sur la personne du bouddha, il suffisait d’entendre que : »Amituécriraito signifie lumière infinie ». Après une phrase comme celle­là, on s’illuminerait et puis on éc quelques vers sur cette lumière infinie. Si il suffisait de cela pour se dire illuminé à la voie, alors les êtres à l’esprit éveillé serait aussi nombreux que les graines de sésame et grains de riz! Quelle tristesse!

 Les anciens ont parlé du Huatou comme d’une tuile pour frapper aux portes (un simple moyen habile). Si l’on arrive à faire ouvrir la porte en frappant, alors on est censé rentrer dans la pièce. On n’est pas supposé attendre bêtement devant la porte. Ainsi on peut dire que lorsque l’on use du Huatou pour générer le doute, le doute n’est pas diriger vers le Huatou. Il doit au contraire être dirigé vers la racine (de la grande affaire ).

Un jour Jya Shan alla visiter un maître qui lui dit « j’ai tendu le filet de 1000 pieds. L’esprit réside dans une piscine, à 3 doigts de l’hameçon. Pourquoi ne réponds­tu pas ? »

Lorsque Shan commença à ouvrir la bouche pour répondre, le maître le poussa dans l’eau avec sa rame. Lorsque Shan remonta dans le bateau , Le maître revint à la charge : »parle parle! « . Shan était sur le point de parler lorsqu’un nouveau coup le frappa. Shan expérimenta alors un grand réveil et acquiesça en secouant la tête trois fois.

Le maître dit alors « la ligne de ma canne à pêche a réussi à t’avoir. Sans avoir a avaler la pureté, telle des vagues, ton esprit réside naturellement dans l’évidence”. Si le disciple ne s’était pas investi avec l’hameçon et la ligne, comment le maître, même au péril de sa vie et avec toute sa bonne volonté, aurait­il pu réussir à l’attraper ?

Voilà qui démontre la tranchante facilité avec laquelle les anciens poursuivaient habilement le but de révéler le Coeur­Esprit. Dans le passé, quand la voie du Zen fleurissait, il y avait des conseillers aux yeux clairs (Bodhidharma) partout, et de nombreux hommes portaient les robes rapiécé pour poursuivre leurs investigation du Zen dans le pays. Partout où ils allaient, le Zen fleurissait.

On pourrait faire l’affirmation suivante : « aujourd’hui il n’y a soit plus de pratique du Zen, soit plus de maîtres disponibles ». La Maison du Zen à été silencieuse et désertée depuis longtemps maintenant. Il est très heureux dans ces conditions que beaucoup aient décidé de commencer à chercher. Bien qu’il existe encore quelques sages conseillers, parfois en prenant la mesure des candidats, ceux qui n’ont qu’un talent limité sont autorisé à rentrer à de hautes fonctions et à transmettre le Sceau de la Réalisation. Les étudiants à l’esprit superficiel ont alors le sentiment qu’ils ont réellement acquis quelques réalisations.

De plus, ils n’ont pas de foi dans les enseignements sacrés de l’ainsi­venu et ne recherche pas l’origine de la Voie Véritable. Ils s’inquiètent uniquement de leurs petites affaires et prennent leurs petites considérations pour la vraie formule (méthode). Agir ainsi c’est non seulement se tromper soi­même mais aussi tromper les autres. Ne peut­on en être courroucé? Que dire de plus, prenez en exemple le laic ZaiGuan, un ancien qui transcrivit le recueil de la transmission de la lampe. Il y avait donc des gens de bien parmi eux, mais bien peu. Aujourd’hui, il y a des gens qui sont immergé dans les objets des sens et qui n’arrivent pas à garder les préceptes les plus élémentaires. Ils sont tellement émerger dans les pensées erronées, tellement embrouillées, qu’ils s’appuient sur leur propre vision limitée, sur leur analyse des cas des anciens et de ceux de leur lignage, et ils s’imaginent les comprendre en regardant de haut les anciens aux facultés supérieurs. Dès qu’ils croisent un membre du Sangha, ils le submergent de questions, s’engagent dans des débats sans fin et agissent ensuite comme si eux même avaient réalisé la voie. Je partage ces faits en cet âge de corruption, pour le bien de mes propres disciples car nous sommes dans une situation où un homme aveugle guide une foule d’aveugles, c’est ainsi.

Ce vieil homme que je suis a exposé maintenant avec foi les points essentiels pour la veritable et correcte pratique méditative des Bouddha et des patriarches. Tous peuvent en juger. Ceux qui ont bien compris pourraient trouver par eux­ mêmes les moyens de se corriger.

Tout nos remerciments à shi Yao Xin Shakya pour la traduction.

Le Manuel du Chan

Enseignements sur le Chan par le Vénérable Maître Hsuan Hua

Lâchez tout ! Ne laissez aucune pensée surgir !

Maître Hsu Yun

Un discours de l’Ancien Maître De Ching Hsu Yun du Monastère de Jen Ru, dans la montagne de Yun Ju, dans la province de Jiang-Xi, le Quarante-quatrième Patriarche en Inde, le Dix-septième Patriarche en Chine, et le Huitième Patriarche dans la Lignée de Wei Yang.

Le but d’étudier le Chan est de comprendre l’esprit et de voir la vraie nature. C’est afin d’enlever toutes les souillures de nos esprits et de réellement voir l’image de notre propre nature. Les souillures se rapportent à de mauvaises pensées et aux attachements, tandis que notre propre nature se rapporte à notre sagesse originaire, et à la vertu, qui sont identiques à cellede tous les Bouddhas. La sagesse et la vertu de l’Ainsi Venu (ou Tathagata, un titre de Bouddha) sont incarnées dans tous les Bouddhas et les êtres vivants, et, ne sont pas doubles ou différentes. Quelqu’un qui peut ne pas avoir de fausses pensées et d’attachements, peut être certifié par la sagesse et la vertu de l’Ainsi Venu, et devenir un Bouddha. Autrement, nous restons des êtres vivants ordinaires.

Depuis d’innombrables éons nous avons été capturés dans le cycle de la vie et de la mort. A l’heure actuelle, nous avons été souillés depuis si longtemps que nous ne pouvons plus soudainement nous débarrasser de nos mauvaises pensées, et voir notre nature originelle. C’est la raison pour laquelle nous étudions le Chan. Par conséquent, la première étape dans l’étude du Chan est d’éliminer les mauvaises pensées. Comment les mauvaises pensées peuvent-elles être éradiquées? Le Bouddha Sakyamuni a beaucoup exposé cela. La méthode la plus facile n’est rien d’autre que la cessation. Le dicton dit: la cessation est Bodhi. L’École de Chan a été transmise à la Chine par le Grand Maître Bodhidharma, qui est devenu le Premier Patriarche. Cette transmission a continué, et a été reçue, à la fin, par le Sixième Patriarche.

Par la suite, l’enseignement du Chan s’est propagé très loin. Son impact a été très important à travers les âges. Cependant, l’enseignement donné par le Vénérable Bodhidharma et le Sixième Patriarche est considéré comme le plus important. En substance, tout doit être calme, puis aucune pensée ne peut surgir. Faire que tout soit calme signifie tout poser, tout lâcher. Ces deux phrases, « tout lâcher » et « ne laisser aucune pensée surgir » sont les conditions essentielles pour étudier le Chan. Si nous ne parvenons pas à réunir ces deux conditions, alors nous ne serons pas capables de maîtriser les rudiments du Chan, et encore moins réussir à étudier le Chan. Comment pouvons-nous dire que nous étudions le Chan alors que nous sommes encore recouverts et attachés par d’innombrables conditions, et que nos pensées naissent et s’arrêtent sans discontinuité?

Lâchez tout. Ne laissez aucune pensée surgir. Ce sont les conditions de l’étude du Chan. Puisque nous le savons, comment pouvons-nous y parvenir? Premièrement, nous devons mettre chaque pensée au repos, jusqu’au point où aucune pensée ne surgisse. En faisant cela, nous serons assurés d’atteindre le Bodhi instantanément, sans aucundoute. Deuxièmement, nous devons nous comporter correctement dans toutes nos actions, et pleinement comprendre que notre propre nature est originellement pure et claire. Nous devons réaliser que l’affliction, le Bodhi, la vie, la mort, et le nirvana ne sont tout simplement que des mots et, qu’en tant que tels, ils n’ont rien à voir avec notre propre nature. Tous les objets matériels sont comme des rêves et des illusions, des chimères et des ombres. Dans le cadre de notre propre nature, nous sommes composés des quatre éléments, qui sont comme des bulles, qui se forment de façon aléatoire et qui disparaissent dans la mer, sans affecter la substance originale. Il ne faut pas se laisser emprisonner dans la renaissance, l’existence, les changements et la rupture des choses illusoires de ce monde. Il ne faut pas non plus céder à l’affection et à l’aversion, ni à la cupidité et au rejet. En ignorant totalement ce corps, comme si nous étions simplement une personne morte, nous allons naturellement réduire les effets d’être influencé par nos facultés sensorielles et notre conscience mentale. De cette façon, nous serons en mesure d’éliminer la cupidité, la haine, l’ignorance, et lesentiment affectif. Nous ne serons plus influencés par la douleur, ni les plaisirs que ce corps peut éprouver, ni même la faim et le froid, la satiété et la chaleur, les honneurs et l’humiliation, la vie et la mort, le malheur et les bénédictions, la chance ou la malchance, la calomnie et les louanges, les gains et les pertes, la sécurité et le danger.

A ce momentlà, nous aurons réussi à tout lâcher. Si en lâchant tout, nous pouvons le faire complètement et de façon permanente, alors nous aurons réussi à tout lâcher. Lorsque nous aurons tout lâché, les mauvaises pensées disparaîtront naturellement, les discriminations ne seront plus fabriquées, et nous serons totalement séparés de nos attachements. Au moment où plus une seule pensée ne surgit, la lumière de notre propre nature se manifestera totalement, et nous aurons alors respecté les conditions pour pratiquer le Chan. Ce n’est seulement qu’en appliquant assidûment nos compétences dans l’étude que nous aurons la chance de comprendre notre esprit et de voir notre propre nature.

Récemment, plusieurs pratiquants de Chan sont venus me poser des questions. Il n’y a en fait aucun Dharma à énoncer, car ce qui peut être dit avec des mots ou exprimé avec un langage ne sera pas la véritable signification. Rappelezvous toujours qu’à l’origine, notre esprit était le Bouddha. Depuis toujours, il a continué à être inhérent (propre) en nous. Les auto-déclarations sur la culture et la certification sont équivalentes aux paroles des démons. Lorsque le Vénérable Bodhidharma est arrivé en Chine, il a directement expliqué aux esprits des gens la façon de voir leur nature et de devenir des Bouddhas. De cette manière, il a clairement indiqué que tous les êtres vivants sur la Terre ont la nature de Bouddha. Nous devons reconnaître que cette pure et claire nature personnelle s’accorde, sans être souillée, avec les conditions. Nous devons réaliser qu’à chaque moment, que dans chacun de nos gestes, notre vrai esprit n’est pas différent de celui des Bouddhas. Si nous attestons cela, alors nous deviendrons un Bouddha ici et maintenant. Une fois que nous attestons cela, alors nous n’aurons plus besoin d’aucun effort physique ou mental. Nous n’aurons plus besoin de parler, de penser, ni de ne rien faire du tout. En ce sens, devenir un Bouddha est effectivement la chose la plus facile et la plus agréable à faire.

Les êtres vivants doivent seulement ne pas souhaiter subir continuellement le cycle des quatre types de renaissance, dans les six royaumes de l’existence, où ils sombrent sans cesse dans la mer de la souffrance. Si les êtres vivants souhaitent devenir des Bouddhas et atteindre l’éternité, la joie, la vraie nature et la pureté du nirvana, alors il faut qu’ils aient véritablement et sincèrement foi en les enseignements du Bouddha, qu’ils lâchent tout, et qu’ils cessent d’avoir les pensées du bien ou du mal. En faisant cela, chacun d’entre nous peut devenir des Bouddhas. Tous les Bouddhas et les Bodhisattvas, aussi bien les patriarches à travers les siècles, ont fait le vœu de sauver tous les êtres vivants. Ce n’est pas sans principe de base ni sans évidence. Ils n’ont pas fait de grands vœux pour rien, et nese sont pas non plus engagés dans des mensonges.

 

  1. Pourquoi pratiquer le Chan

 

Lorsque les pensées cessent, la confusion disparaît.

 

 

Nous, êtres humains, naissons confus, et mourrons confus. Nous sommes confus en dormant, et confus en étant éveillés. Quelle valeur y a-t-il à mener ce genre de vie?

Cela veut-il dire que nous devons ne plus vouloir être des êtres humains ? Non, mais nous devons découvrir d’où nous venons lorsque nous sommes nés, et où nous irons après la mort. Une personne peut dire, « Je sais comment en savoir plus sur la mort. Je peux faire une overdose en me droguant, me pendre, ou sauter dans une rivière. Ne le saurai-je pas ainsi? » Le suicide ne vous libérera pas de la naissance et de la mort. Cela ne fera seulement qu’augmenter le poids de votre karma.

Nous méditons dans le but de trouver le moyen de nous assurer de cela, lorsqu’il sera temps pour nous de mourir, nous ne souffrirons pas de maladie physique, nous n’aurons pas besoin de richesse, de sexualité, de renommée, de nourriture ou de sommeil, et nos esprits pénétreront dans le Chan samadhi. Nous voulons disparaître avec un sourire, sans être dans l’inconfort, et que le Bouddha Amitabha nous accueille avec un dais doré. Nous voulons être  capable de prédire notre mort et de connaître son approche à l’avance.

La cultivation tend justement à ce but ! Si nous ne connaissons pas ce moment crucial, alors nous resterons confus tout au long de notre vie. Cette confusion ne disparaîtra pas non plus avec la mort. De mort en mort, nous resterons encore confus. De vie en vie, nous resterons troublés. Quel dommage d’être perpétuellement confus!

La raison pour laquelle nous pratiquons la méditation assise, et pour laquelle nous étudions le Bouddhisme, est que nous ne voulons pas être désorientés. De nombreuses personnes passent leur temps à faire des recherches scientifiques, dans le but d’essayer de déterminer la composition et le fonctionnement du corps physique, afin de pouvoir le reproduire. Ceux qui cherchent des solutions scientifiques à l’extérieur d’eux-mêmes, abandonnent leurs racines et poursuivent plutôt l’extrémité des branches. Lorsque nous découvrirons notre vraie nature, nous aurons alors obtenu une grande sagesse. Étudier le Bouddhisme nous permet de révéler notre grande sagesse.

 

La liberté sur la naissance et la mort:

c’est la liberté d’aller et de venir

Ceux qui pratiquent le Chan peuvent devenir maîtres de leurs propres naissances et de leurs propres morts. Ils peuvent aller et venir librement, sans aucune contrainte. Comme il est dit,  

            Ma destinée est déterminée par moi-même,

            non par le ciel.

            Même le Vieil Homme Yama ne pourra plus avoir de contrôle sur nous! Pourquoi? Nous aurons transcendé les Trois Royaumes.

Qu’implique la liberté d’aller et de venir? Il s’agit de la liberté de naître et de mourir. Si nous voulons vivre, nous pouvons vivre. Si nous voulons mourir, nous pouvons mourir. Le choix nous appartient, si nous le souhaitons. S’il-vous-plaît, faites attention cependant, que ce type de mort ne signifie pas se suicider.  

            Le liberté nous autorise d’établir un lien avec notre corps physique comme si c’était une maison. Si nous voulons partir et voyager, nous serons libre d’aller partout où nous voulons. Si nous le souhaitons, nous pouvons nous métamorphoser en des centaines de millions de corps, afin d’instruire les êtres vivants partout dans le vide et dans le Royaume du Dharma. Si nous ne voulons pas voyager, nous pouvons rester à la maison et personne ne nous dérangera.

Il faut savoir que, tout dans le vide et dans le Royaume du Dharma est inclus à l’intérieur du corps-du-Dharma. Rien ne peut sortir de l’extérieur du corps-du-Dharma.

Vous tous, vous vous êtes donné beaucoup de mal pour assister à cette session de Chan, et vous devez travailler sans arrêt, nuit et jour. Vous faîtes cela, parce que vous espérer obtenir la liberté et la sécurité sur la naissance et la mort. Vous voulez contrôler votre propre vie, et être votre propre maître. Être capable de faire cela est réellement l’état de liberté sur la naissance et la mort.

En pratiquant le Chan, vous devez atteindre le stade de ne plus savoir que le ciel est au-dessus, que la terre est en-dessous, et que les gens sont entre les deux. Vous devez devenir uni avec le vide. Il y a alors un peu d’espoir pour l’éveil.

Pour le moment, marchez et méditez assis, méditez assis et marchez, vous donnent la clé, qui ouvrira votre sagesse.

 

Le grand fonctionnement de la substance entière est clairement compris

Si nous n’étudions pas le Chan, et si nous ne pratiquons pas la méditation assise, nous continuerons à de ne pas savoir d’où nous sommes venus à la naissance, et, où nous irons après la mort. Ne pas connaître ces choses, nous naîtrons de nouveau et mourrons dans la confusion. Continuer à vivre la vie de cette manière est effectivement déplorable!

Ceux qui travaillent dur pendant la pratique du Chan peuvent s’éveiller et reconnaître qui ils étaient avant que leurs parents leur donnent naissances. Soudainement, ils verront tout clairement. Ils comprendront dans les moindres détails les tenants et les aboutissants de toutes les questions. Ils pénétreront le grand fonctionnement du vrai esprit. Ceux qui parviennent à cette étape sont destinés à atteindre la réalisation de la Bouddhéité. Dans le futur, ils atteindront l’inégalé, le vrai et le juste éveil.

 

En pratiquant le Chan et en s’asseyant en méditation,

nous pouvons atteindre l’illumination

Comment pouvons-nous nous illuminer? L’illumination est comme le fait de déverrouiller une porte qui a empêché nos entrées et sorties. Nous avons besoin d’une clé pour déverrouiller cette porte. Sans clé, nous resterons pour toujours bloqué dans cette pièce. Quelle est donc la clé? Elle est juste là, en vous. C’est très facile de la trouver.

Comme la trouverez-vous? Vous pouvez la trouver en pratiquant le Chan et en vous asseyant en méditation, ou en chantant les noms des Bouddhas et en retenant les mantras. Ces manières de pratiquer sont équivalentes à chercher la clé. Quand la trouverez-vous? Cela dépend de votre niveau de cultivation. Si vous pratiquez avec vigueur et détermination, vous la trouverez très rapidement. Mais si vous êtes paresseux et léthargique, vous ne la trouverez jamais, non seulement dans cette vie, maisnon plus dans vos vies futures. C’est un principe très simple.

 

Nous voulons apprendre comment ne pas être attaché

à soi, ni être attaché aux autres

Toutes les choses qui viennent à la vie,

à chaque fois le printemps revient.

Détruisez le vide, soyez libre et serein.

Séparez-vous des attachements, laissez vous-même et les autres partir.

Développez-vous pour occuper le Royaume du Dharma,

tellement celui-ci est vaste.

 

            Lorsque nous pratiquons le Chan, nous avons la chance de nous éveiller. La brillance de notre propre nature rayonnera comme lorsque le printemps revient sur la grande terre et tout revient à la vie. Le vide est originellement sans forme. Lorsque ce vide, sans forme, est brisé, on devient libre. À partir de là, on n’est plus attaché à la marque des autres et à la marque de soi-même. Le Royaume du Dharma peut être étendu, mais nous pouvons encore l’englober. En ayant réalisé cela, ne serions-nous pas de grands héros?

 

La méditation et le samadhi sont vitaux

pour notre corps-du-Dharma

S’asseoir en méditation et cultiver le samadhi est équivalent à nourrir notre corps-du-Dharma. Le corps physique a besoin d’être nourri et vêtu, il a également besoin de sommeil, et est toujours occupé à accomplir ces besoins. On ne peut pas, ne serait-ce que pour un seul jour, se passer de nourriture, des habits, et du sommeil. Sur ce plan, ceci est vérifié pour tous. Nous ne pouvons pas nous priver de ces choses.

Cependant, notre corps-du-Dharma a également besoin de nourriture, des habits, et de sommeil. S’asseoir en méditation fournit à notre corps-du-Dharma de la nourriture naturelle. En absorbant ces véritables éléments nutritifs du vide, notre corps-du-Dharma se développera. Entrer en samadhi donne à notre corps-du-Dharma le repos essentiel. Si nous n’entrons jamais en samadhi, notre corps-du-Dharma ne se repose pas. Et, enfin, notre corps-du-Dharma doit être vêtu dans la tolérance.

La méditation et le samadhi sont vitaux pour notre corps-du-Dharma. Lorsque nous méditons assez longtemps, notre corps-du-Dharma connaîtra le goût du Dharma et pourra absorber la vraie bonté du vide.

Le corps physique a besoin de trois éléments. Il en est de même pour le corps-du-Dharma. Lorsque nous cultivons, nous devons vêtir notre corps-du-Dharma avec notre propre tolérance. Nous devons entrer dans la demeure de l’Ainsi Venu, en entrant en samadhi. Et, en fin de compte, nous devons gravir sur le siège de l’Ainsi Venu. C’est la façon dont nous devons nourrir chaque jour la corps-du-Dharma.

 

S’asseoir longuement apporte le Chan, qui

nettoie et purifie l’esprit

Le but de s’asseoir en méditation est de faire éclore notre sagesse. L’éveil est l’ouverture de notre sagesse. Avec la sagesse, nous ne serons plus confus, alors que nous l’avons été dans le passé. Si nous nous asseyons sans bouger et si notre esprit ne s’égare pas, nous pouvons entrer en samadhi. Lorsque nous avons le samadhi, notre sagesse s’épanouit naturellement et tous nos problèmes seront résolus, sans effort.

Le Bouddha n’est pas très différent d’une personne ordinaire. La différence est qu’il a une grande sagesse. La grande sagesse permet d’accéder aux pénétrations spirituelles, après quoi la conscience et l’esprit n’ont plus d’obstacles. La sagesse et les pénétrations spirituelles sont doubles et pourtant ne sont pas doubles, mais ce ne sont pas les pouvoirs super-naturels des fantômes. Les pénétrations des fantômes surgissent par l’utilisation de l’esprit de la perspective de déduction. La vraie sagesse ne nécessite pas de penser. Lorsque nous atteignons la vraie sagesse, nos connaissances des choses viennent naturellement, et nous pouvons les employer librement.

Lorsque nous avons de la sagesse, nous comprenons totalement toutes les choses. Sans sagesse, toutes choses deviennent sens dessus-dessous. Les choses peuvent être sens dessus-dessous, pourtant celui qui manque de sagesse est encore inconscient de cela. Si quelqu’un reconnait ses fautes, il peut encore être sauvé. Cependant, si quelqu’un ne connait pas ses fautes, les rétributions lui apporteront beaucoup de souffrances!

Si nous voulons arrêter la souffrance et obtenir le bonheur, nous devons avoir de la sagesse. Avec la sagesse, nous n’avons plus besoin de souffrir. Si nous comprenons ce principe, nous pouvons éviter de nouvelles afflictions. Comme il est dit,

          Pratiquer la méditation assise pendant longtemps, et

             Le  Chan apparaît.

            Habiter dans un endroit pendant longtemps, et

             les  affinités se développent.

          Étudier le Chan nettoie et purifie effectivement nos esprits. Stopper les pensées est une méthode pour calmer nos pensées et pour se débarrasser de toutes les impuretés. C’est exactement ce que le Vénérable Maître Shen Xiu voulait signifier, quand il dit,

          Maintes et maintes fois, brossez-le pour le nettoyer,

            et ne laissez aucune poussière se poser.

Si nous comprenons ce principe, nous devons être résolus à fournir davantage d’effort dans notre pratique du Chan. Chacun doit s’efforcer de travailler dur et être patient. Bien que nos jambes puissent être douloureuses et que notre dos peut nous faire mal, nous devons supporter cette douleur. Rappelez-vous,

          Si le prunier ne peut pas endurer le froid

            qui glace jusqu’aux os,

            Comment le parfum

de ses fleurs peut-il être si agréable?

 

  1. Qu’est ce que le Chan

 

Se concentrer sur un point précis est la

clé du succès dans toutes choses

 

La méthode de la méditation assise est essentielle pour apprendre à cultiver. Que signifie le mot Chan? Chan est une abréviation chinoise pour le mot sanskrit, Dhyana. Dhyana signifie: la cultivation de la pensée qui mène à tranquilliser nos pensées.  La méditation Chan est la méthode utilisée pour atteindre le Dhyana, une immobilité de nos pensées.

Normalement, lorsque nous sommes assis, nos esprits s’égarent, vagabondent. Où vont nos esprits? Ils se laissent aller à de mauvaises pensées, qui nous emportent n’importe où nos pensées nous emmènent. Sans avoir à payer pour le voyage, nous pouvons voyager dans une fusée. Les mauvaises pensées volent partout, sans contraintes. Pourquoi y a-t-il des gens qui n’ont pas de sagesse? C’est parce que leur esprit erre. Pourquoi vieillissons-nous jour après jour? C’est parce que l’esprit se précipite dans toutes sortes d’endroits.

Supposons que quelqu’un conduit, imprudemment et sans aucun but, une nouvelle voiture. Conduire comme cela consommera certainement et gaspillera beaucoup d’essence. Finalement, la voiture et ses composants, seront endommagés et provoqueront des problèmes mécaniques. Cette comparaison s’applique également au corps humain. Si nous ne savons pas comment en prendre soin, si nous le laissons aller sans retenue, il consommera absolument beaucoup de « carburant ». Que serait le « carburant »? Ce carburant est notre précieuse énergie mentale. Peu importe le nombre de fois que nous faisons le plein, nous continuons à l’épuiser.

Prenez l’exemple de quelqu’un qui consomme tous les jours des remontants, en pensant qu’ils vont remplir son corps avec des nutriments. Si les gens ne chérissent pas leur énergie mentale et s’ils sont indulgents, alors, peu importe le nombre de remontants qu’ils consommeront, ils ne rempliront jamais l’énergie gaspillée. Comme le dit un proverbe, « Se concentrer sur un point précis est la clé du succès dans quoi que ce soit».

Nous devons rassembler nos pensées et nous concentrer sur un point précis. Ainsi, nous n’épuiserons pas notre énergie mentale. En d’autres termes, si nous savons comment conduire correctement, nous ne conduirons pas imprudemment et nous n’aurons pas d’accident. Notre voiture durera également longtemps. De la même façon, si nous savons comment prendre soin de nous-même, alors il est possible de ne pas vieillir, ni mourir.

 

En tournoyant une fleur, le Bouddha

a révélé la transmission scellée d’esprit à esprit

 

Le Bouddha Shâkyamuni a initié la pratique du Chan lorsqu’il a tenu une fleur en l’air, dans l’Assemblée du Pic des Vautours, pour manifester la transmission de la subtile et merveilleuse porte-du-Dharma de l’esprit scellé.

 

À ce moment-là, le Patriarche Mahakasyapa avait compris l’intention du Bouddha, et fit un large sourire. À partir de là, la porte-du-Dharma de l’esprit scellé des Bouddhas et des Patriarches était transmise. En fait, le Patriarche Mahakasyapa avait déjà plus de cent ans et parce qu’il pratiquait vigoureusement l’ascétisme, il n’aurait, normalement, pas souri. Mais à cette occasion, son sourire était l’indication qu’il avait seulement reçu la transmission scellée d’esprit à esprit du Bouddha.

 

Seule une contemplation calme

peut initier le Chan

 

Le Chan signifie calmer les pensées. Nous n’atteindrons seulement le Chan que si nous calmons nos pensées. Samadhi signifie ne pas bouger. Si nous bougeons, nous n’avons pas de samadhi.

En acceptant le bonheur du Dharma comme nourriture, le Chan samadhi se manifestera. Lorsque nous cultivons la Voie, nous pratiquons la méditation assise. Pour développer le Chan, nous devons nous asseoir. Au moment où nous nous asseyons en méditation, notre science, notre compétence, se manifesteront.

Il ne faut pas que, dès que vous vous asseyez en méditation vous ne sachiez rien du tout. Entrer en samadhi nécessite qu’on s’assoie dans une posture droite. On s’assoit en gardant un dos droit, et en tenant la tête droite, sans incliner ou pencher le cou.

Qu’entend-on par le pouvoir de samadhi? Le samadhi a un certain pouvoir, qui soutient et maintient votre corps dans une posture droite, verticale, de sorte que vous ne vous penchiez pas vers l’avant, ou que vous ne vous incliniez pas vers l’arrière. En vous asseyant tout droit sans difficulté, vous pouvez entrer en Chan samadhi. Au cours du samadhi, il y a une joie inimaginable, qui est inexplicable et indescriptible. Du fait que cette joie dépasse ce que votre esprit peut imaginer, elle est ainsi décrite:

          La route des mots et du langage est coupée.

            L’endroit de l’activité de l’esprit a disparu.

          Dans le Chan samadhi, vous ressentirez un bonheur, une félicité, qui est continue et ininterrompue. Ressentir le bonheur du Chan samadhi nous inspire du courage et de la vitalité qui surpassent l’ordinaire. Ce type de courage et de vigueur est extrêmement fort et puissant. Aucune autre force ne peut vaincre ce type de puissance.

 

La pratique de la pensée élimine

les fausses pensées

 

S’asseoir en Chan est aussi connu sous le nom de la cultivation de la pensée. Par cette définition, nous savons qu’il est impossible de ne pas avoir de fausses pensées, lorsque nous nous asseyons en Chan. Normalement, nos fausses pensées viennent et partent comme les vagues sur l’eau. Les vagues naissent à cause du vent. Lorsque nous méditons, pourquoi les mauvaises pensées surgissent-elles? C’est parce que notre propre nature contient encore de la fausseté. Cette fausseté est comme le vent, et les mauvaises pensées sont comme les vagues remuées par le vent.

          Dès que nous pratiquons la méditation, nous devons calmer nos pensées. Cela signifie que nous devons stopper les « faux » vents.

La cultivation de la pensée vise à réduire les fausses pensées et à stopper les vagues, qui surgissent constamment dans nos esprits. Tranquilliser signifie calmer les pensées, cesser ainsi leur mouvement. Lorsque nous cessons de penser et de réfléchir, nous pouvons faire apparaître le pouvoir de samadhi. Au fil du temps, pendant que le pouvoir de samadhi se développe, notre sagesse se manifestera. Avec la sagesse, nos esprits peuvent illuminer la vraie nature de tous les dharmas.

          Lorsqu’aucune pensée ne surgit,

            l’intégralité  de l’essence se manifeste.

Lorsque notre esprit est complètement immobile, de sorte que pas une seule ombre de fausse pensée ne reste, nous serons capable d’entrer en samadhi et ainsi notre sagesse originelle se manifestera. Nous comprendrons véritablement la raison fondamentale pour laquelle nous sommes des êtres humains, et nous ne serons plus influencés par les choses externes. Lorsque les innombrables conditions externes n’influenceront plus nos esprits, nous pouvons alors considérer comme être:

Dans une telle immobilité, où tout est

            Absolument clair et toujours compris.

À ce moment, aucun des huit vents: les louanges et le ridicule, la tristesse et la joie, le gain et la perte, la diffamation et l’éloge, ne seront capable de remuer nos esprits.

Les gens peuvent nous faire des louanges ou nous ridiculiser tant qu’ils le veulent.

            Dans les circonstances favorables ou défavorables,

            Nous avancerons vigoureusement.

            Aucune souffrance ou joie ne remueront nos esprits.

Le gain se réfère aux choses qui bénéficient à quelqu’un, la perte se réfère aux choses qui nuisent à quelqu’un; la diffamation signifie calomnier; l’éloge est de rendre hommage ou de glorifier le nom de quelqu’un.

          Insensible aux huit vents,

            Je suis assis de manière droite sur un lotus pourpre-doré.      

Ne pas être soufflé par les huit vents est le résultat de la cultivation de la pensée, en ayant calmé l’esprit. En n’étant pas remués pas des facteurs externes, nous pouvons alors découvrir comment pratiquer la méditation assise.

 

Calmer l’esprit révèle notre sagesse

 

Pratiquer le Chan exige aucun mouvement de l’esprit ni de pensées, et, cela signifie les réduire au silence. La méthode du Chan fonctionne comme un coup de couteau, qui tranche complètement. Du fait que, la pratique du Chan est séparé de la conscience mentale, elle se présente afin de mettre un terme à l’esprit. Mettre un terme à l’esprit signifie mettre fin à toutes les activités mentales de la conscience mentale. C’est seulement lorsque toutes les activités du faux esprit sont stoppées, que les pensées seront calmées.

 

Lorsque cela se produit, nous obtenons le pouvoir de savoir et de voir, qui survient avec l’illumination soudaine à la non-production de toutes les choses. Nous obtenons alors la patience avec les non-productions des gens et des dharmas.

Et, nous témoignons des quatre étapes de la pratique, qui sont la chaleur, le sommet, la patience, et le premier dans le monde.

  1. Chaleur. Cette énergie chaude arrive lorsque nous nous asseyons en méditation.
  2. Sommet. Cette énergie monte jusqu’au sommet de notre tête pendant que nous continuons à pratiquer.
  3. Patience. Il devient très difficile d’être patient, mais nous devons encore être patient.
  4. Premier dans le Monde. Nous devenons un grand héros qui transcende le monde.

Si nous voulons atteindre ces quatre étapes, nous devons d’abord apprendre à calmer l’esprit. Notre conscience mentale doit rester immobile.

Nos pensées sont comme des vagues qui ne peuvent pas être calmées. S’asseoir en méditation vise à arrêter la conscience mentale de bouger. À la fin, elle arrêtera naturellement. Une fois stoppée, l’esprit est silencieux. Lorsqu’il est complètement muet, la sagesse apparaît. Lorsque la sagesse surgit, nous nous illuminons.

Lorsque la silence atteint un point ultime,

            la lumière pénètre de toutes parts.

C’est le pouvoir de savoir et de voir,  qui survient avec l’illumination soudaine à la non-production de toutes les choses.

 

La saveur de la clarté et de la tranquillité

est éternellement merveilleuse

 

Quelle est la saveur du Chan ? C’est la joie de la réalisation du samadhi de Chan, qui apporte une sensation de clarté et de tranquillité. L’expérience éternellement merveilleuse défie la conceptualisation et la description verbale. Ceux qui ont déjà expérimenté cette étape l’acceptent tacitement. Tout comme, lorsqu’une personne boit de l’eau, elle sait elle-même si l’eau est chaude ou froide, de même la clarté et la tranquillité sont des choses que nous ne connaîtrons nous-mêmes que lorsque celles-ci se produiront. Si vous tous, vous voulez savoir si la saveur du Chan est douce ou amère, vous devez travailler très dur dans la pratique du Chan. Lorsque vous aurez atteint un certain niveau, vous connaîtrez naturellement le goût. Par conséquent, vous devez l’étudier, et vous devez l’étudier jusqu’à ce que la vérité émerge, alors vous goûterez ensuite à la saveur du Chan. Le Chan ne peut pas être parlé, mais doit être pratiqué.

C’est pourquoi, la doctrine du Chan n’est pas enseignée par l’utilisation de mots ou de la littérature. Sa vérité est transmise en dehors de l’Enseignement. C’est une méthode qui atteint directement l’esprit humain, afin que l’on puisse voir sa propre nature et atteindre la Bouddhéité.

Lorsqu’une personne qui investit le Chan a atteint un haut niveau de réalisation, elle ne se mettra jamais en colère. Elle ne se battra ni ne se disputera avec les autres, car elle aura le Samadhi de l’Absence de Rivalité. Elle ne recherchera pas la renommée, ni le profit, car elle verra la richesse comme n’étant qu’une goutte de rosée sur des fleurs. Elle verra le statut d’officiel comme n’étant que du givre sur un toit. Les deux disparaissent en peu de temps, sans laisser de trace.

 

  1. Les dix bienfaits du Chan

 

Les dix bienfaits du Chan sont obtenus

par une pratique adéquate

 

  1. Se conformer aux pratiques qui apportent une existence paisible. Lorsque nous nous asseyons en méditation et que tous les jours nous investissons le Chan, nous acquérons un certain comportement. Ce comportement fait parti de la pratique. Lorsque nous investissons le Chan années après années, mois après mois, jours après jours, heures après heures, et minutes après minutes, il existe des moyens appropriés à la pratique.

La méditation au pas de course est un exemple. Lorsqu’il est temps d’effectuer la méditation en courant dans la salle de Chan, une personne crie « Courrez! ». Tout le monde court. Nous pouvons courir jusqu’à transpirer et jusqu’à perdre quasiment connaissance. Nous pouvons courir jusqu’à ce que nous n’ayons plus conscience des cieux au-dessus, de la terre en-dessous, et des gens au milieu. Pendant la méditation en mouvement, nous pouvons perdre conscience de notre propre ego, et fondamentalement, il n’y a plus d’ego. Lorsque notre méditation en courant atteint le point où nous n’avons plus de notion de soi et des autres, nous contemplerons tranquillement. En l’absence du soi, nous n’aurons plus de fausses pensées. En l’absence des autres, nous n’aurons plus de fausses pensées des autres. À ce moment, nous contemplerons tranquillement.

Ni dans le vide, ni sous une forme,

            On ne voit l’Ainsi Venu.

Le Bouddha n’est pas tombé dans les catégories du vide ou de l’existence, ce qui signifie qu’Il n’est ni vide, ni qu’il a une substance. Par conséquent, si nous réalisons que le corps-du-Dharma de l’Ainsi Venu n’est ni vide, ni n’a de substance, alors nous avons vu le corps-du-Dharma de l’Ainsi Venu. Nous parvenons à nous conformer aux pratiques qui apportent une existence paisible.

  1. Pratiquer la bonté dans tout ce que nous faisons. Cela ne signifie pas nécessairement être gentil avec les autres. Lorsqu’il est nécessaire d’user de la bonté, nous devons user de la bonté et de la compassion pour enseigner et aider l’autre personne à traverser. Nous utilisons la méthode de rassemblement. Lorsque nous rencontrons un être vivant (sentient beings) qui a besoin d’être encouragé ou d’être réprimandé afin qu’il puisse obtenir l’éveil, nous devons être motivés par la bonté et la compassion, en le conseillant ou en le réprimandant. Par ailleurs, dans la Salle de Chan, le bâton d’encens est souvent utilisé pour frapper légèrement les gens dans le but de l’éveil. Dans la Salle de Chan, il y a souvent des gens qui reçoivent des coups. Cependant, ces types de coups donnés sont différents des coups ordinaires car, ici, ils sont donnés dans l’intention que la personne puisse être capable de s’éveiller. Ceci est pour son propre bien, car nous espérons qu’il respectera les règles et qu’il éliminera ses mauvaises pensées. C’est ainsi la manière de pratiquer la bonté dans ce que nous faisons.
  2. L’absence du feu du regret. Le feu du regret est une douleur profonde. En regrettant, l’esprit se livre à une douleur profonde, une affliction, qui génère un feu ardent. Par conséquent, ce troisième bienfait signifie qu’on est sans souffrances.
  3. Protéger les facultés sensorielles. Cela signifie sauvegarder les six facultés sensorielles. Pourquoi devons-nous protéger les six facultés sensorielles? Si nous ne le faisons pas, elles s’enfuiront. La vue sera attirée pas les formes, l’ouïe sera séduite par les sons, le nez réagira aux odeurs, la langue sera impliquée dans les goûts, le corps sera influencé par le toucher, et l’esprit sera attiré par les constructions mentales. C’est pourquoi nous devons protéger les six facultés sensorielles jusqu’à ce qu’elles émettent de la lumière et provoquent un tremblement de terre. Pourquoi émettent-elles de la lumière? La lumière est émise lorsque nous n’avons plus aucune fausse pensée et que notre sagesse originelle se manifeste. Lorsque la lumière de la sagesse rayonne à travers le trichiliocosm, les six facultés sensorielles émettent de la lumière et la Terre tremble.
  4. Connaître la joie de ne pas manger. Une personne qui étudie le Chan obtiendra la joie du Chan comme nourriture et sera rassasiée par la joie du Dharma. Lorsque cela se produit, alors même si nous ne mangeons pas de nourriture substantielle, nous serons heureux. Même si nous ne consommons aucune nourriture, nous serons joyeux aussi longtemps que nous pouvons pratiquer le Chan. Cela est-il arrivé à quelqu’un parmi vous?
  5. Être écarté du sentiment émotionnel et des désirs. Lorsque nos esprits ne s’abandonnent pas avec les pensées de sentiment émotionnel et de désirs, alors nos esprits sont clairs et purs. Le sentiment émotionnel et les désirs sont des souillures et ces souillures entraînent les naissances et les décès. Pourquoi les êtres humains ordinaires, tels que nous, rencontrent la naissance et la mort? C’est parce que nous n’avons pas éradiqué le sentiment émotionnel et les désirs.

 

Pourquoi les personnes ordinaires continuent-elles à tourner perpétuellement dans les six voies de renaissance, sans jamais mettre fin à la naissance et à la mort? C’est parce qu’elles s’abandonnent aux pensées du sentiment émotionnel et aux désirs, et ne peuvent pas arrêter de le faire. Si vous ne pouvez pas mettre un terme à l’amour et aux désirs, vous ne pouvez pas mettre fin à la naissance et à la mort. Aussi longtemps que nous n’aurons pas mis fin à la naissance et à la mort, nous tournerons continuellement dans les six voies. Si, parmi les gens qui pratiquent le Chan, peuvent être écartés des pensées de sentiment émotionnel et de désirs, alors les portes de l’enfer leur resteront fermées et ils n’y iront pas.

  1. La cultivation ne sera pas faite en vain. Que cela signifie t-il? Cela signifie que la seule chose à craindre est de négliger la pratique. Si nous cultivons, nous ne gaspillerons pas inutilement le temps. Lorsque nous nous asseyons en méditation pendant une heure, la vie de notre sagesse personnelle s’allonge d’une heure. Lorsque nous méditons pendant deux heures, la vie de notre sagesse personnelle se prolonge de deux heures. Lorsque nous pratiquons le Chan, à chaque moment, toutes les heures, tous les jours, tous les mois et tous les ans, notre sagesse inhérente, originelle, sera assurément apparente. Par conséquent, la pratique du Chan ne sera jamais faite en vain. Aussi longtemps que nous pratiquons, nous ne passerons pas le temps en vain.
  2. Rester libre des karmas démoniaques. Les pratiquants peuvent être maintenus à l’écart des pouvoirs karmiques des démons. Lorsque nous sommes libres, affranchis des obstacles des démons, aucun démon ne peut nous déranger, ni nous gêner en aucune façon.
  3. Demeurer tranquillement dans le royaume du Bouddha. Si nous pouvons pratiquer constamment, nous obtiendrons les neuf bienfaits de demeurer paisiblement dans le royaume du Bouddha.
  4. Obtenir la libération complète. C’est le bienfait que tout le monde espère. La libération  complète signifie d’être sans obstructions, sans obstacles. Sans obstructions, nous réalisons le clair et le pur corps-du-Dharma.