Les quatre nobles vérités

Que nous devions, toi et moi, voyager et peiner au cours de ce long périple, provient de notre incapacité à découvrir, pénétrer quatre vérités. Quelles sont-elles ? Ce sont :

– La Noble Vérité de la Souffrance
– La Noble Vérité de l’Origine de la Souffrance
– La Noble Vérité de la Cessation de la Souffrance
– La Noble Vérité de la Voie qui mène à la Cessation de la Souffrance.

 L’Enseignement du Bouddha sur les quatre Nobles Vérités,   contient tout ce qui est nécessaire à la compréhension du Dharma et à la réalisation de l’éveil.

Le Bouddha estima cet enseignement trop subtil pour lui permettre d’exprimer sa découverte par les mots et décida qu’il s’abstiendrait donc d’enseigner, se contentant de rester assis sous l’arbre Bodhi pour le restant de ses jours.

Les Quatre Nobles Vérités sont donc les suivantes : il y a la souffrance, il y a une cause, une origine à la souffrance, il y a une fin à la souffrance et il y a une issue à la souffrance qui est le Noble Chemin Octuple. Chacune de ces vérités possède trois aspects, donc au total douze révélations « Il y a la souffrance » constitue le premier aspect de la Première Noble Vérité. Quel est-il ? Il n’est pas utile de compliquer les choses : il s’agit simplement du fait de reconnaître que « Ceci est souffrance, dukkha ». C’est une déclaration fondamentale. Une personne ignorante pense : « Je souffre, je ne veux pas souffrir. Je médite et prends part à des retraites pour ne plus souffrir, mais je continue à souffrir et je ne veux pas souffrir… Comment faire pour échapper à la souffrance ? Que puis-je faire pour m’en débarrasser ? ».

Dès lors, nous  considérons la douleur ou l’angoisse que nous  ressentons non plus comme étant « la mienne, celle qui m’appartient », mais plutôt en tant que matière à réflexion : « Ceci est souffrance, dukkha ». Cette perspective est l’attitude de réflexion du Bouddha observant le Dharma. La révélation est simplement : admettre la présence de la souffrance sans en faire une question personnelle. Considérerons simplement l’angoisse mentale ou la douleur physique et  voyons la en termes de dukkha plutôt qu’en termes de misère personnelle, la voir simplement comme étant dukkha et ne pas réagir selon son habitude.

La seconde perspective de la Première Noble Vérité est : « La souffrance doit être comprise (prendre en soi ) ». La deuxième révélation ou facette de chacune des Quatre Nobles Vérités contient le mot « doit » : « Cela doit être compris ». Ce second aspect est donc que dukkha représente quelque chose qu’il s’agit de comprendre. Il faut comprendre dukkha et non simplement essayer de s’en débarrasser. Nous pourrions  considérer le terme  « comprendre » comme « prendre avec soi ». Il possède un sens plus fort comme « accepter véritablement la souffrance », l’embrasser totalement plutôt que de simplement y réagir. Quelle que soit sa forme, mentale ou physique, nous avons tendance à réagir à la douleur, mais, en usant de compréhension, nous pouvons vraiment observer la souffrance, l’accepter, la saisir et l’embrasser véritablement. Voilà donc la seconde révélation : nous devons « comprendre » la souffrance.

Le troisième aspect de la Première Noble Vérité est : « La souffrance a été comprise ». Quand nous avons vraiment pratiqué avec la souffrance – en l’observant, en l’acceptant et en arrivant ainsi à une compréhension profonde de sa nature propre, nous pouvons aborder la troisième facette : « La souffrance a été comprise », ou « dukkha a été comprise ». Les trois aspects de la Première Noble Vérité sont donc : « Il y a dukkha, dukkha doit être comprise et dukkha a été comprise! ».

 

 

Les Quatre Nobles Vérités sont à utiliser pour notre développement. Nous pouvons les appliquer aux situations banales de notre vie. A l’aide de ces vérités, nous pouvons  étudier nos attachements. En utilisant la Troisième Noble Vérité, nous pouvons atteindre   la cessation de la souffrance et de mettre en pratique le Noble Chemin Octuple de manière à développer la compréhension. Bien que cela puisse sembler compliqué – quatre vérités, trois aspects, douze révélations, quatre vérités, trois aspects,  – c’est en fait plutôt simple. C’est un outil pour nous aider à comprendre la souffrance et l’absence de souffrance. .  Les Quatre Nobles Vérités sont à utiliser pour notre développement. Nous pouvons les appliquer aux situations banales de notre vie. A l’aide de ces vérités, nous pouvons  étudier nos attachements.

 

 

Les Quatre Nobles Vérités offrent matière à réflexion pour toute notre vie. Il ne s’agit pas seulement de réaliser les Quatre Nobles Vérités, les trois aspects et les douze étapes et  passer ensuite à autre chose de plus avancé. Les Quatre Nobles Vérités ne sont pas aussi faciles à comprendre. Pénétrer leurs significations profondes demande une attitude attentive dès plus soutenu et continue.

 

 

 

La première Noble Vérité

 

Quelle est la Noble Vérité de la Souffrance ?

La naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance et la mort est souffrance. Etre séparé de ce qu’on aime est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance : en résumé, les cinq catégories d’attachements sont sources de souffrance.

Il y a la Noble Vérité de la Souffrance : telle fut la vision, révélation, sagesse, connaissance et lumière qui s’éleva en moi au sujet de choses jusqu’alors non exprimées.
Cette Noble Vérité doit être pénétrée par une compréhension complète de la souffrance : telle fut la vision, révélation, sagesse, connaissance et lumière qui apparut en moi au sujet de choses jusqu’alors inexprimées.
Cette Noble Vérité a été pénétrée par une compréhension complète de la souffrance : telle fut la vision, révélation, sagesse, connaissance et lumière qui apparut en moi au sujet de choses jusqu’alors inexprimées.

La Première Noble Vérité et ses trois aspects est la suivante :

Il y a souffrance, dukkha. Dukkha doit être comprise. Dukkha a été comprise.La souffrance, dukkha, est une expérience que nous partageons tous. N’importe lequel d’entre nous fait cette expérience, où qu’il soit. Personne n’est épargné, des plus privilégiés aux plus démunis. N’importe lequel d’entre nous, où qu’il soit, fait l’expérience de la souffrance. C’est un lien qui nous relie tous les uns aux autres, quelque chose qui est familier à chacun d’entre nous.

La Première Noble Vérité n’est absolument pas une doctrine  » métaphysique pessimiste » qui affirme que tout est souffrance. C’est sur ce point que beaucoup d’occidentaux se trompes, car ils interprètent cette Noble Vérité comme un dogme métaphysique Bouddhiste, aborder cela ainsi est totalement erroné. Nous voyons clairement que la Première Noble Vérité est issue de la souffrance. Il ne peut y avoir de souffrance absolue de même qu’une voie qui peut s’en échapper ! Pourtant, nombre de personnes se référant à la Première Noble Vérité, soutiennent que le Bouddha enseignait que tout est souffrance.

Pour accéder à la disparition de la souffrance, il est nécessaire d’en admettre consciemment la présence. Mais, dans la méditation bouddhiste, cette acceptation n’est pas faite depuis une position telle que « Je souffre », mais plutôt à partir de celle de « Il y a présence de souffrance ». Ainsi, nous ne sommes pas en train d’essayer de nous identifier au problème, mais de simplement reconnaître son existence. Ce type de pensée déclenche toutes les suppositions renforçant l’idée d’une personnalité fixe, qui ne peut être changée et il devient très compliqué de voir les choses sous un autre angle. Tout devient très confus, car le sentiment que ces problèmes et ces pensées sont les nôtres, peut facilement nous inciter à vouloir nous en débarrasser ou à porter des jugements critiques sur nous-mêmes. Nous avons tendance à nous attacher et à nous identifier plutôt qu’ a observer, être témoin et comprendre les choses telles qu’elles sont. En revanche, si nous admettons simplement la présence d’un sentiment de colère ,de confusion, de convoitise alors notre attitude constitue une réflexion honnête sur la nature des choses.

Bien évidemment la souffrance est une expérience que nous ne souhaitons pas connaître ; et donc de nous en débarrasser. Nos réactions habituelles, dès que quelque chose nous dérange ou nous ennuie, est de vouloir s’en défaire ou de la supprimer. Nous avons tendance à placer en avant la beauté et les joies de la jeunesse, tandis que nous mettons à l’écart tout ce que la vie nous renvoie en terme de, laideur, vieillesse, maladie, mort, l’ennui, le désespoir et la dépression. Lorsque nous rencontrons quoi que ce soit de désagréable, nous essayons de nous en débarrasser et de la remplacer par quelque chose d’agréable. Si nous ressentons de l’ennui, nous recherchons quelque chose d’intéressant. Si nous avons peur, nous essayons de trouver un moyen de nous rassurer. Il est légitime de réagir ainsi. Nous fonctionnons selon ce principe « plaisir-douleur » qui consiste à être attiré ou repoussé. Nous choisissons ce que nous aimons et tentons d’éliminer ce que nous n’aimons pas. En grande partie notre expérience doit donc être supprimée, car il est impossible de vivre sans être associé à des choses désagréables.. Reconnaître cette expérience de la souffrance – ceci est souffrance – conduit ensuite à la seconde révélation de la Première Noble Vérité : « Elle doit être comprise ». Cette souffrance doit être examinée

La deuxième Noble Vérité

 

Quelle est la Noble Vérité au sujet de l’origine de la souffrance ?

L’avidité  renouvelle l’existence, accompagnée de l’esprit  de convoitise,  la soif du plaisir des désirs sensuels, la soif d’existence, la soif de non-existence.  Partout où il y a une apparence de plaisir et de satisfaction, alors la souffrance prend forme.

La Deuxième Noble Vérité et ses trois aspects : « Il y a l’origine de la souffrance, qui est l’attachement au désir. Le désir doit être abandonné. Le désir a été abandonné. »

La Deuxième Noble Vérité établit qu’il existe une origine à la souffrance et que cette origine est l’attachement à trois espèces de désirs : la soif pour les plaisirs sensuels, la soif de devenir et celle d’éliminer. Ceci constitue la formulation de la deuxième Noble Vérité. Donc l’origine de la souffrance est l’attachement au désir.

 

La troisième Noble Vérité

 

La cessation de la souffrance

Lorsqu’on a compris l’origine de la souffrance, on comprend l’engrenage du cycle des renaissances qui nous y maintient. On comprend aussi que l’esprit est fondamentalement pur, mais que son fonctionnement est influencé par différentes perturbations. Il est important de comprendre que, les renaissances se faisant à travers des agrégats impermanents, en éliminant les causes, on rompt la succession des réincarnations conditionnées. Il existe donc un remède, un antidote puissant: la sagesse réalisant la vacuité.

La cessation est, par conséquent, le fruit d’un travail qui permet d’éliminer l’attachement. Par cette réalisation, on obtient la libération engendrant une grande paix venant de l’atteinte d’un état sans souffrance, d’un état de béatitude, de satisfaction, et de délivrance des perturbations.

Quiconque atteint cette libération est délivré à tout jamais du cycle des renaissances conditionnées par l’influence des karmas positifs ou négatifs. La cessation est alors définitive, les perturbations ne pouvant plus réapparaître.

 

 

 

La quatrième Noble Vérité

 

La Voie qui mène à cette cessation

Mais pour arriver à cet état de libération, il faut s’appliquer à suivre le chemin qui explique comment mettre un terme à la souffrance en en contrant les causes par la mise en oeuvre de méthodes de purification des potentiels négatifs accumulés, par des méditations sur le non-soi et la vacuité, en s’abstenant de commettre les dix actions non vertueuses et en mettant tout en oeuvre pour accumuler un potentiel positif et atteindre la sagesse la plus élevée.

Les méditations sur l’impermanence des phénomènes, sur la mort, sur le fait que nous serons dirigés après la mort par la force du karma accumulé – force incontrôlée – vers une autre naissance dans un des six mondes, sont des moyens qui nous permettent de générer, par la compréhension, la crainte de ce qui pourrait nous arriver si nous devions mourir maintenant. Cette compréhension nous amène à prendre Refuge, première étape sur le sentier pour entreprendre notre développement.

La prise de Refuge est la reconnaissance du Bouddha comme le médecin qui a su diagnostiquer la maladie, du Dharma, ou enseignement du Bouddha, comme le remède capable de nous guérir, et de la Sangha, ou communauté de ceux qui suivent les enseignements du Bouddha, comme ceux qui donnent le remède. C’est reconnaître que nous n’avons pas, à l’étape où nous sommes rendus, la capacité de venir en aide de façon vraiment efficace à une multitude d’êtres qui sont comme nous dans la souffrance, que nous avons beaucoup à apprendre pour développer la sagesse, et que nous devons emprunter le chemin spirituel pour progresser dans la bonne direction.

La prise de refuge implique aussi la recherche, d’un ami spirituel, capable de donner les enseignements appropriés au bon moment, et de comprendre et d’évaluer la progression d’un élève. Cette recherche peut prendre du temps, puisque c’est un choix qui doit être fait soigneusement. On doit rechercher son maître comme on recherche un objet rare et précieux, en examinant ses enseignements comme on examine un tel objet pour s’assurer de sa valeur. Le Bouddha lui-même disait qu’il ne fallait pas croire ce qu’il enseignait simplement parce qu’il était le Bouddha, mais qu’il fallait analyser ses instructions,  et qu’il ne fallait les retenir que lorsque leur examen montrait qu’ils étaient justes et aptes à guider vers la libération et la sagesse.

 

Le fait de considérer une personne comme son Maître et de lui demander de nous accepter comme son élève est lourd de sens,  et il faudra surtout éviter d’en venir à quitter un Maître parce qu’on l’aura choisi de façon précipitée et sans discernement. On doit, entre autres, examiner soigneusement la cohérence entre ce que cette personne enseigne et sa vie de tous les jours. Si on décide, après avoir tout bien examiné, que telle personne est le Maître adéquat, il faudra pouvoir accepter ses recommandations en considérant qu’il peut avoir la vue juste et la clairvoyance nécessaire pour nous guider.

Pour gravir le chemin, on recherchera ensuite à respecter les huit conduites, formant l’Octuple Sentier, qui feront que notre vie sera en accord avec la voie du Bouddha.

 

À travers les pratiques et les efforts soutenus, le pratiquant progressera sur le sentier qui comporte les cinq étapes ou cinq chemins suivants:

  • Le chemin de l’accumulation, durant lequel le pratiquant accumule des mérites, approfondit la sagesse et se purifie. On accumule alors les causes et les conditions  nécessaires au développement de la pratique :
  • Le chemin de l’application, qui est le passage entre l’accumulation et le contact avec l’expérience. Les négativités ne sont plus alors un obstacle à la pratique. Le pratiquant à ce niveau n’est plus soumis aux renaissances inférieures;
  • Le chemin de la vision, qui est atteint au moment où on expérimente directement la vacuité. La structure grossière de la conscience dualiste et émotionnelle s’élimine;
  • Le chemin de la méditation, où se développe l’attention continue et concentrée sur l’expérience de la vacuité. La structure la plus subtile de l’émotivité, faisant partie de l’ignorance fondamentale, disparaît;
  • Le chemin de l’achèvement, ou l’au-delà de l’apprentissage, qui est le chemin où il n’y a plus rien à apprendre. À cette étape, l’état méditatif « semblable au vajra » tranche l’ultime voile, celui qui sépare de l’omniscience. L’état de bouddha est ainsi atteint.

Sur les différents chemins, le pratiquant s’efforcera de développer les Six Perfections ou Paramitas.

Celui qui emprunte la voie du mahayana développera aussi la Bodhicitta, ou esprit d’éveil.DSCN6024

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